Chamailleries instructives

Jean-François Copé (président du groupe UMP à l’assemblée nationale) a publié dans Libération d’aujourd’hui une tribune répondant à celle de Guy Bono, qui elle-même répondait à des déclarations de M. Copé. M. Copé avait en effet déclaré que l’adoption de l’amendement Bono-Cohn-Bendit-Roithova en seconde lecture au parlement européen résultait d’une manipulation des socialistes français.

A première lecture, je rangeai la tribune d’aujourd’hui avec celles qui l’ont précédé, au rang des chamailleries politiciennes que l’on gagne du temps à ignorer. J’hésitais à dénoncer l’accumulation de représentations trompeuses, la plus grave d’entre elles consistant à caricaturer la position des défenseurs des droits fondamentaux qui considèrent – rappelons-le – que priver d’accès à internet quelqu’un, c’est lui retirer les conditions d’exercice effectif des droits fondamentaux que sont la liberté d’information, d’expression, d’éducation (et d’autres encore). Leurs positions ont été superbement exprimées dans le rapport de Stavros Lambrinidis, adopté le 26 mars 2009 au parlement européen par 481 voix contre 25. On comprend que M. Copé souffre de ce que l’UMP, pourtant soutenue par une lettre adressée aux députés européens par le gouvernement français n’ai réussi à mobiliser que 25 voix pour tenter de s’opposer à un texte qui affirme notamment :

Q. considérant que l’analphabétisme informatique sera l’analphabétisme du 21e siècle; considérant que garantir l’accès de tous les citoyens à Internet équivaut à garantir l’accès de tous les citoyens à l’éducation et considérant qu’un tel accès ne devrait pas être refusé comme une sanction par des gouvernements ou des sociétés privées; considérant que cet accès ne doit pas faire l’objet d’abus aux fins d’activités illégales; considérant qu’il est important de se pencher sur les questions émergentes telles que la neutralité des réseaux, l’interopérabilité, l’accessibilité globale de tous les nœuds d’Internet et l’utilisation de formats et de normes ouverts,

Je me disais cependant que les lecteurs de la tribune rectifieraient d’eux-mêmes. Cependant, un vague doute me tourmentait. Il y avait quelque chose qui clochait là-dedans et j’y retournai immédiatement. Voici donc, chers lecteurs, le résultat, bien plus bref, de cette relecture.

M. Copé en a après les socialistes. C’est normal, quand ça ne va pas très bien pour vous, il est plaisant de constater que votre adversaire désigné est encore plus bas dans les sondages. Mais au fait, si l’on en croit les intentions de vote aux élections européennes, comment les électeurs apprécient-ils les positions des pro et anti-HADOPI ? Disons à la louche que les formations qui ont majoritairement voté (de gré ou de force) l’HADOPI recueillent … 28%. Oui, ça peut encore baisser.

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