En l’état ?

Le 5 mars dernier, j’ai publié un texte dressant un tableau accablé de l’élection présidentielle et de ceux qui s’y présentaient. J’y dénonçais les deux candidats d’extrême droite comme réactivant divers fonds de commerce du fascisme, le candidat de l’oligarchie post-démocratique comme n’en étant qu’une marionnette (il a depuis montré qu’il était en plus sujet à se rallier à l’autoritarisme brutal), et Benoit Hamon, malgré la qualité de certaines de ses propositions et des intellectuels qui se sont associés à sa campagne, comme englué dans ses liens partidaires, le refus d’une rupture claire avec l’héritage désastreux de son parti et un conflit d’intérêt. Enfin, tout en lui reconnaissant un engagement honnête, j’exprimais mes grands doutes sur la capacité de Jean-Luc Mélenchon à aider une vraie alternative citoyenne à faire aboutir ses propres projets du fait de sa posture tribunicienne et de sa préférence pour les approches centralisées et dirigistes. Je concluais donc que, « en l’état », je m’abstiendrais. Dans un texte ultérieur, j’invitais à préparer des listes citoyennes « en commun(s) » pour les législatives, ce qui a commencé à se passer, probablement sans lien avec mon appel.

Et bien on n’est pas dans l’état. Les électeurs de Benoît Hamon l’ont abandonné en grande partie. Ce qu’il a refusé de faire en se ralliant à la candidature de Jean-Luc Mélenchon1, même les électeurs qui ne l’ont pas déjà abandonné dans les sondages s’affirment massivement prêts à le faire. Dans ce contexte, chacun prendra ses responsabilités et si l’on suit mes analyses entre les deux choix qui me paraissent raisonnables (selon qu’on privilègie la construction à plus long terme d’alternatives ou l’effet immédiat) : s’abtenir ou voter pour des raisons tactiques pour Jean-Luc Mélenchon.

  1. Avec qui il pouvait négocier puisque s’il est élu, Mélenchon aura besoin d’une alliance large pour simplement constituer un gouvernement et à fortiori lancer sa constituante. []

2 commentaires

  • at et le deuxièmetour devient grave, trop risqué, qui pourra a écrit :

    Rin à dire. L’écart se resserre.Un coup de salaud de l’extrême droite est possible. Si la situation entre le déba jeudit et e deuxième tour dimanhes’avère grave et très risquée, qui pourra s’abstenir

  • L’article que vous avez commenté date d’avant le premier tour et concerne celui-ci. Pour le deuxième voir ce texte.

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