Des listes « En commun(s) » pour les législatives !

Après mon précédent billet, certains ont souligné que ce n’était pas tout de souligner l’impasse de l’investissement dans l’élection présidentielle, l’important est de savoir quoi faire d’autre. Pour répondre à un commentaire posant cette question : Comment se préparer à l’après ? Que faire ?, j’avais alors écrit :

Grande incertitude. Si résultat côté pire, résister, résister. Si résultat autre, agir, agir. Une amie m’écrit : « il faut faire » (sans attendre de changement électoral). Donc implication de terrain (pas uniquement local il y a aussi des terrains culturels globaux). Faut-il miser sur les législatives ? Les expériences Nouvelle donne ou parti pirate étaient plutôt démoralisantes mais c’était en contexte « parti ». Qui sait ce que donnerait une initiative sociétale à grande échelle portant des exigences précises ? Un Alternatiba tous sujets débarassé des grosses organisations de l’immobilisme ? Et rappelons-nous que nous sommes toujours dans l’état d’urgence 🙁

Je suis maintenant convaincu que le chaos total où est plongée la présidentielle ouvre une porte dans laquelle il est possible de s’engouffrer à condition d’agir sans attendre. Cette porte est celle de la constitution rapide de comités dans chaque circonscription réunissant le plus grand nombre possible d’acteurs investis dans les actions de terrain pour les communs de tous types (culturels, écologiques, techniques, de l’eau ou de l’alimentation et l’agriculture), la solidarité (sociale, urbaine et avec les migrants et réfugiés), la justice et l’état de droit et des droits. Ces comités décideront soit de présenter une ou un candidat issu de leur rang soit de soutenir une ou un candidat qui adhèrent à une charte minimale qu’ils élaboreront collectivement (entre comités).

Les états-majors des partis en pleine décomposition sont déjà en train de négocier par derrière des arrangements sur le thème « sauvons nos mandats ». Si nous les laissons occuper le terrain, ils nous conduirons tous à un nouveau désastre. Pour que ces comités puissent se constituer extrêmement rapidement et réunir au lieu de diviser, il y a quelques conditions :

  • Tout le monde sera bienvenu, ceux et celles qui sont séduits par les promesses de rupture de Jean-Luc Mélenchon ou par les propositions d’intellectuels soutenant Benoît Hamon ou ceux et celles qui comme moi considèrent que ni eux, ni l’élection au suffrage universel d’un président ne peuvent rouvrir les portes de l’espoir. Mais chacun ne viendra que sur la base de son engagement dans le périmètre de terrain concret décrit plus haut, et ne pourra parler et agir dans le cadre des comités qu’au nom de cet engagement.
  • Les partis de gauche et écologistes (ou ce qu’il en reste, les macronistes et les vallsistes encore infiltrés sous des étiquettes de gauche n’en font pas partie) pourront soutenir les listes en communs s’ils affirment leur soutien à leur charte et leur engagement à mettre en place son noyau de propositions clé.
  • Des candidat(e)s issus de ces partis ne pourront recevoir le soutien des comités que s’ils acceptent de se présenter sous cette seule étiquette.

Irréaliste ? Quand la réalité dépasse le pire de ce qu’imaginait la fiction, c’est la tâche de nouveaux récits d’inventer le réel1.

Et le financement ? Non ce n’est pas un obstacle. Si la dynamique se lance, le financement participatif de frais de campagne ignorant les dispositifs coûteux des médias est possible pour chaque circonscription.

Non, je ne suis pas candidat. Place aux jeunes, place aux femmes. Mais je mouillerai ma chemise pour ce qui ressemblera à cette esquisse.

Vous avez déjà commencé, ou vous avez le temps de faire une tribune collective destinée aux médias développant des propositions similaires, vous pouvez me contacter.

  1. formule inspirée de J.G. Ballard pour les fans. []

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