Grèce : c’est maintenant qu’il faut retrouver notre capacité d’action politique

Parmi d’autres spectacles consternants, sommes-nous condamnés à assister impuissants aux efforts des gouvernements et des institutions européennes pour refermer les voies d’un autre futur ? N’y a-t-il vraiment aucune autre possibilité dans notre Europe si riche et si inégale, que d’assister au spectacle de la dégérescence d’une oligarchie post-démocratique de plus en plus médiocre et brutale. De la regarder s’enfoncer dans l’ordre sécuritaire et la suspicion généralisée. De l’observer ne plus pouvoir tenter d’attirer les électeurs qu’en agitant le spectre d’une extrême droite à laquelle elle ouvre le chemin ? Devons-nous encore laisser dresser des groupes défavorisés les uns contre les autres, chacun affirmant avoir été encore moins bien traité ?

Comment expliquer le tableau suivant :

  • les gouvernements allemands et français (ce dernier se cachant hypocritement derrière l’Allemagne) protégeant les rentiers contre toute annulation de la dette,
  • la BCE prenant une décision d’abus de pouvoir absolu (le refus de versement des 1,9 milliards d’euros, sans parler du reste),
  • la Commission européenne bureaucrate du désastre, continuant à tenir la comptabillité des fictions d’une dette construite par des règles absurdes (l’impossibilité pour la BCE de financer directement la dette des États) et dont les correctifs (l’injection de sommes immenses de liquidités dont le financement n’est pas mutualisé) préparent les catastrophes de demain.

L’explication n’est pas financière, elle est politique. Il s’agit de refermer la porte du possible qui s’ouvre dans de nombreux pays du Sud de l’Europe et qui pourrait s’ouvrir ici, en France : celui de politiques qui mettent la solidarité, la capacité démocratique des citoyens, les biens communs avant le maintien d’un système qui goinfre les uns de consommation semi-forcée en traitant les pauvres comme coupables de leur condition. Il s’agit ni plus ni moins que de fermer une voie historique pour en imposer une autre qui n’est même pas dite : cette de d’une sorte d’état de mobilisation permanente dans une guerre interne à chacun, civile et extérieure.

De peuple à peuple sur KissKissBankBank

Et bien non, nous ne sommes pas condamnés à l’inaction. Il y a sans doute bien des façons de tenter d’en sortir, mais à quelques-uns, regroupés dans groupe INTERDEMOS, nous vous en proposons une qui est immédiatement praticable : celle de la solidarité avec ceux qui sont solidaires et d’un message fort à ceux qui veulent refermer le possible. C’est ici, cela s’appelle le projet De Peuple à Peuple, et c’est de bien plus que d’argent qu’il s’agit.

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