Pas très satisfaisant

Interrogée de façon passionnante par Xavier de la Porte dans l’émission Place de la Toile sur sa position à l’égard de propositions comme la contribution créative et la licence globale, Fleur Pellerin a déclaré :

« Moi je pense que ces modèles économiques sont assez compliqués à mettre en place, parce que, vous parlez de la licence globale par exemple, c’est quand même quelque chose qui revient à légaliser quelque chose qui n’est pas légal, ou à admettre que par le paiement d’une contribution forfaitaire, on va légaliser quelque chose qui n’est pas légal : du partage de contenus illégaux. Moi je trouve que c’est juridiquement pas très satisfaisant, même si ça peut être satisfaisant d’un point de vue philosophiquement et politiquement.1 »

Saluons d’abord le fait que Fleur Pellerin accepte que la reconnaissance du partage peut être politiquement et philosophiquement satisfaisante. Passons sur quelques approximations qu’on aimerait pouvoir mettre sur le compte de l’entretien oral2 et l’étrange obstination à refuser de parler de contribution créative alors que c’est justement la proposition qui était inscrite au programme de son parti3 et qui est défendue par la partie encore vivante de ce parti 4. Puisque que justement, il s’agirait de légaliser une activité légitime et utile (si elle est convenablement encadrée), refuser de l’envisager ne me parait politiquement pas très satisfaisant.

Notons aussi que Mercedes Erra, directrice générale du groupe Havas, développe elle l’argument « partager oui mais pas ce qui n’est pas à vous », mais justement qu’est-ce qu’une société culturelle où une copie d’une œuvre n’est pas à celui qui l’a en sa possession ?

  1. transcription La Quadrature du Net. []
  2. Par exemple, ce ne sont pas les contenus qui sont illégaux, mais leur partage non-autorisé qui est réprimé, ou – non-transcrit ici – le fait de considérer les copies sur cassettes comme relevant du piratage, mais simplement inoffensif. []
  3. Avant que François Hollande ne confie à Pierre Lescure et l’ARP le soin de définir les politiques culturelles. []
  4. La plateforme des jeunes socialistes contient cette propositions: « Mettre en place une contribution créative séparant les organismes de collecte et de redistribution et redistribuant les gains de manière équitable aux auteurs en fonction de l’utilisation effective de leurs oeuvres. » []

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