A l’aube de temps incertains (17 janvier 2009)

Dernier jour. Je retrouve des cousins de ma mère. Crab cake chez Legal Sea Foods. Malgré leur âge, ils mènent une vie active. Lui édite toujours le bulletin d’information de la formation en santé publique commune à Harvard et MIT qu’il a fondée il y a 30 ans. Il y écrit notamment la revue de l’actualité scientifique. Ca me maintient en forme, dit-il. Rapport complet sur tous les membres de trois générations des deux côtés de l’Atlantique, photos à l’appui.

Dans l’avion, je trouve le Libération du matin, décalage horaire aidant. Un passionnant dossier où ils ont demandé à 3 écrivains de fiction américains (Paul Auster, Richard Ford et Douglas Kennedy) de commenter les enjeux de l’arrivée d’Obama au pouvoir. C’est débordant d’intelligence politique, d’esprit constructif. Une conscience de l’immensité des défis, de la part du rejet de Bush dans l’élection de Barack Obama et cependant un effort constant d’étayer les possibles. Quelques extraits :

On y voit qu’Obama est un homme de partout et qu’il lui a fallu du temps pour rassembler tous les éléments qui le constituent. C’est très intéressant qu’il devienne président d’une nation qui au fil des années n’a cessé de se refermer.
Paul Auster

Aussi nous ne devrons pas nous laisser aller à une déception cynique uniquement parce qu’il se révélera humain. Il a toujours dit qu’il l’était. C’est nous qui avons dit qu’il était un sauveur. Inévitablement, Mr. Obama sera observé à la loupe et probablement jugé en termes cinglants par la droite politique. Mais étant donné qu’il y a tant de choses en jeu, il faut que lui et sa présidence soient accompagnés de façon judicieuse et avec vigilance par tous, comme témoignage de la vitalité de notre République et parce que, dans quatre ans, quand l’Amérique s’approchera d’un autre moment décisif de son histoire, nous saurons ce que nous devons faire.
Richard Ford

… au-delà du consumérisme et du mercantilisme qui ont si profondément modelé les Etats-Unis, il existe des millions de Nord-Américains cultivés, attentifs aux imperfections de leur société et aux attentes du reste du monde, pluralistes, laïques, qui rejettent le simplisme manichéen des républicains et comprennent que le doute constructif et la reconnaissance des contradictions inhérentes à la condition humaine sont à la base de ce qui constitue un être pensant. Et le plus fantastique, c’est que nous ayons choisi l’un d’eux pour président.
Douglas Kennedy

Dans le même numéro, un éditorial de Mathieu Lindon. Un voilà un qui n’a pas tout à fait compris ce qu’est le doute constructif.

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