A l’aube de temps incertains (14 janvier 2009)

Voyage en train. On longe le Nord de Chesapeake Bay. La neige quelque part entre la Pennsylvanie et le New Jersey. Arrivée à Penn Station. Une pensée pour Louis Kahn (mort d’une crise cardiaque dans les toilettes de la gare) … et pour « mes architectes ». New-York est comme d’habitude. Je triche avec ce voyage, puisque je ne vais aller que dans des endroits où un européen peut se sentir chez lui. A New-York, je suis chez moi comme un réfugié : j’essaye d’imaginer ma mère arrivant ici quand elle avait 16 ans.

Je m’arrête ici pour une visite au Software Freedom Law Center, une fondation qui travaille à la sécurité juridique des acteurs du logiciel libre. Echanges avec des amis, bonjour aux gens qui travaillent ici. Heureux de mettre des visages sur les noms, mais le passage de bureau en bureau est forcément artificiel. Le conseil d’administration passe en revue diverses obligations administratives et les activités de la fondation. Le professionnalisme que les américains peuvent mettre dans leurs activités associatives est impressionnant. Les analyses d’Eben Moglen plus encore. Nous aurons le temps d’une conversation libre où nous comparons nos analyses architecturales de la technique et de la société. Quel cadeau.

Je téléphone à des amis turco-américains et nous parvenons à nous voir un moment. Discussions sur la nouvelle administration. Chacun s’efforce de montrer qu’il n’a pas d’illusions, que beaucoup de choses ne changeront pas, que les difficultés seront immenses. Mais après un moment, les espoirs refusent de se laisser enfermer, ils remontent à la surface. Dans le métro ou la rue, rapports plus détendus que dans mes souvenirs et grande gentillesse. Pourvu qu’il n’y ait pas de déception.

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