Recommandation, errata et inspiration

Usbek & Rica

Le très sympathique magazine Usbek & Rica m’a interviewé dans le cadre de son n° sur les hackers et la civilisation du partage (lecture recommandée). L’entretien parait sous le titre « Une économie culturelle incompatible avec le partage ne mérite pas d’exister ». Je crois avoir dit qu’une économie culturelle incompatible avec le partage ne mériterait pas d’exister. En effet, comme je le précise dans l’entretien, l’essentiel de l’économie culturelle est parfaitement compatible avec le partage non-marchand entre individus des œuvres numériques et même en bénéficie. Quand aux segments qui pourraient en souffrir, à savoir la vente de fichiers numériques sans y associer de services à valeur ajoutée, leurs acteurs pourront commencer à vraiment s’adapter à une nouvelle situation dès que la reconnaissance du partage sera perçue comme inéluctable.

Le transcription de l’entretien contient deux erreurs1. La première porte sur la référence au partage hors marché dont je signale qu’il est présent depuis longtemps pour la culture. Pour la musique, l’entretien affirme que ce partage existait jusqu’en 1870. En réalité, avant 1870, la question ne se posait pas, car la musique ne pouvait alors pas vraiment être enregistrée, sauf à travers les boîtes à musique et autres carillons. Le partage s’effectuait entre musicien et auditeur. C’est dans toute l’ère des enregistrements sur support que la musique a pu être librement partagée par don, prêt, puis plus récemment copie de ces supports. Une phrase affirme par ailleurs que « tous médias confondus, le droit d’auteur permet seulement à 12000 personnes vivantes [en France] de percevoir des droits d’auteur ». On aura rectifié : « de percevoir des droits d’auteur vraiment significatifs »2.

Mais passons sur ces détails, le n° tout entier est drôle et passionnant. j’en retient cet extrait de l’éditorial :

Le monde a déjà changé sans eux [les politiques accédant au pouvoir], réinventé par une nouvelle génération qui n’a pas de temps à perdre. U&R la questionne, l’encourage et l’irrigue, tout en s’attachant à la réconcilier avec ses aînés.

C’est un peu mon but personnel, mais malheureusement, il y a ceux sur lesquels on n’a jamais compté, et ceux qui ne font rien pour faciliter la réconcilliation.

  1. Non, Fabien, je ne t’en veux pas, je connais la difficulté de transcrire mes propos foisonnants, c’est juste que l’éthique hacker impose de signaler et/ou corriger les bugs. []
  2. Plus précisément, il s’agit du nombre de personnes qui cotisent pour leur retraite sur les droits d’auteur à travers l’AGESSA. D’autres personnes peuvent touchent un montant significatif de droits d’auteur, mais si elles choisissent de ne pas cotiser pour leur retraite à l’AGESSA, c’est qu’elles ont d’autres de sources de revenus au moins aussi importants. []

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