Le point sur la biométrie applicable en masse ?

Une mise à jour à propos du procès d’Evry

Depuis ma première intervention sur ce sujet, un véritable débat sur la biométrie applicable en masse a commencé à s’installer en France. Cela a commencé à l’occasion de la consultation publique sur le projet dit INES d’introduction de données biométriques à lecture automatique dans la carte d’identité et le permis de conduite (en addition aux passeports). Une opposition courageuse de la Ligue des Droits de l’Homme et de 4 anciens présidents de la Commission Nationale Informatique et Libertés (CNIL) a conduit le gouvernement a réviser son projet. Le nouveau projet est cependant toujours très dangereux : il rend les papiers d’identité biométriques facultatifs, ce qui conduirait à la création de 2 classes de citoyens, les suspects sans papiers biométriques et les « bons » citoyens qui eux en ont. Un nouveau débat a surgi ces jours derniers à l’occasion du procès à Evry de 3 étudiants en philosophie accusés d’avoir détruits des équipement de lecture de cartes biométriques destinées à l’entrée dans un lycée (ils affirment n’avoir pas directement participé à cette destruction, seulement à l’action générale de protestation, mais défendent sa légitimité). Chapeau à Louis Joinet, premier président de la CNIL et l’un des principaux experts sur les questions de droits de l’homme droits de l’homme à l’ONU pour avoir témoigné en faveur des étudiants au procès et avoir souligné que le lobby industriel de la biométrie cible explicitement les enfants pour développer des applications qui installeront une acceptation de la surveillance et de la traçabilité permanente biométrique. Voir aussi le communiqué de la LDH.

This post is also available in: English

Aucun commentaire

Laisser un commentaire

Votre courriel ne sera jamais rendu public.Les champs marqués d'un astérisque (*) sont obligatoires