Une loi par jour ?

Avant-hier le Sénat voulait remplaçer la phase finale de la riposte graduée par un filtrage obligatoire de la connexion de l’internaute. Depuis hier c’est par des amendes qu’il s’agit de remplacer le bannissement de l’internet. Madame Albanel se désole qu’on remplace la pédagogie par la répression. Mais ces tergiversations traduisent une aberration beaucoup plus profonde. Je l’affirme depuis un an : la phase la plus scandaleuse, la plus attentatoire aux droits fondamentaux de la riposte graduée, c’est la première : celle de l’envoi automatique d’accusations graves sur la base d’allégations d’acteurs privés sans que l’internaute n’ait la possibilité de les contester. Accuser sans qu’on puisse répondre, c’est la définition même d’un pouvoir arbitraire, c’est la négation du plus sacré des droits, celui de se défendre. Cette institution d’un pouvoir arbitraire sans contre-pouvoir vise avant tout à décerveler, à empêcher de réfléchir au fond même du dossier. On entend laver à coup d’accusations le cerveau de millions de personnes, les empêcher de considérer l’acte de partager les oeuvres numériques pour ce qu’il est, le fondement même de la culture. On entend avant tout empêcher les citoyens de réfléchir aux alternatives en matière de financement et de rémunération de la culture à l’âge d’internet. Sur celles-ci, voir mon prochain billet.

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