Nos gouvernements autistes produisent ce qu’ils prétendent redouter

A propos hier de la Tunisie et maintenant de l’Egypte, les gouvernements européens et américains disent chaque jour ce qu’ils auraient du dire une semaine ou 48h auparavant. Dans ce retard et la gène permanente qui se lit dans ce qu’ils ne disent pas, apparait une cruelle vérité. Depuis longtemps, ces gouvernements ont cessé d’espérer en la démocratie quand son visage vient d’ailleurs. Ils ignorent les êtres humains qui la portent. Ils croient que le refus légitime de l’imposer par la force les dispense de saluer ceux qui la demandent et les autorise à continuer de reconnaître et d’aider ceux qui tentent de la noyer dans le chaos et le sang. Ils redoutent le futur, parce qu’ils ne savent l’imaginer que dans des termes dépassés. Ils rendent un peu plus probable chaque jour ce qu’ils prétendent vouloir éviter. Ils promeuvent activement l’absence d’espoir politique. Celui-ci n’accepte pourtant pas de disparaître. A nous de le porter, et de tenir responsables les aveugles qui nous gouvernent.

This post is also available in: English

Un seul commentaire

  • A 10h30 Le Monde annonce un « Appel commun de Nicolas Sarkozy, Angela Merkel, David Cameron, José Luis Zapatero et Silvio Berlusconi à propos de l’Egypte. Ils condamnent « ceux qui utilisent ou encouragent la violence ». »

    Voilà exactement un exemple de ce que je décris : ils refusent de nommer ceux qu’ils condamnent. Ils demandent une transition rapide et ordonnée, alors qu’ils font face à l’évidence du refus de celle-ci.

    Verbatim de leur déclaration : « Nous observons la dégradation de la situation en Egypte avec une extrême préoccupation. Les Egyptiens doivent pouvoir exercer librement et pacifiquement leur droit de manifester et bénéficier de la protection des forces de sécurité. Les agressions contre les journalistes sont totalement inacceptables. Nous condamnons tous ceux qui utilisent ou encouragent la violence, qui ne fera qu’aggraver la crise politique que traverse l’Egypte. Seule une transition rapide et ordonnée vers un gouvernement à représentation élargie permettra de surmonter les défis auxquels l’Egypte doit faire face aujourd’hui. Ce processus de transition doit commencer dès maintenant ».

Laisser un commentaire

Votre courriel ne sera jamais rendu public.Les champs marqués d'un astérisque (*) sont obligatoires