Un club de rentiers

Les pays émergents, en particulier l’Inde et le Brésil, s’opposent à l’accord ACTA. Cette opposition ne s’explique pas par de simples affrontements d’intérêts économiques. Deux aspects d’ACTA font qu’elle a un sens beaucoup plus profond : le fait que ces pays ont été intentionnellement tenus à l’écart – comme les citoyens de tous les pays – de la négociation de l’accord, et le fait qu’aucune des mesures d’ACTA n’est justifiée en termes qualitatifs. Elles ne visent pas à produire un monde meilleur, plus riche culturellement, plus capable d’un développement harmonieux, plus respectueux de l’environnement, plus porteur de justice sociale. Les promoteurs d’ACTA invoquent bien le danger des faux médicaments, la mauvaise qualité des produits de luxe contrefaits, mais les mesures qu’ils proposent de mettre en place ne concernent pas cette qualité, elles portent sur la défense des monopoles liés au droit d’auteur, aux marques et aux brevets (dans une certaine mesure pour ces derniers). ACTA est un des remparts qu’un club de rentiers essaye d’édifier contre le partage des connaissances, de l’innovation et de la culture.

Que l’on compare la négociation d’ACTA aux sociétés civiles des logiciels libres, de la culture partagée, de la coopération décentralisée ou des innovations environnementales appropriées. Là, nulle frilosité, un enthousiasme devant ces centaines de millions de nouveaux partenaires. Cela n’exclue pas des priorités différentes, mais nul ne souhaiterait se barricader derrière la police préventive des monopoles. Choisissez votre modèle.

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