Modeste et quasi-indoloreModest and almost painless

La SACEM vient de préciser ses recommandations à la mission Zelnik. On en sait maintenant plus sur la compensation créative qu’elle propose de créer : une taxe sur les fournisseurs d’accès dont Bernard Miyet estime qu’elle coûtera un euro par mois au consommateur et rapportera 250 à 500 millions d’euros à la « filière musicale ». Il juge ce coût modeste et quasiment indolore. Il y a du progrès puisqu’on reconnait maintenant que les taxes sur les FAI seront reportées sur les consommateurs (entre 50% et 100% apparemment).

Cette proposition et le nom qui lui est donné sont honteux. Bien entendu, il s’agit de taxer sans reconnaître le moindre droit au public. Alors que les études s’empilent les unes après les autres pour montrer que le partage de fichiers n’est en rien responsable des baisses de ventes de l’industrie phonographique, qu’y a-t-il donc à compenser qui justifierait une compensation créative ? Le plus grave est qu’on risque à la longue de détourner ainsi ceux qui sont à la fois citoyens, internautes et consommateurs de rémunérer et financer la création. M. Miyet propose de spolier le public, ceux-là mêmes qui ont souvent des pratiques artistiques, qui s’expriment sur la chose publique et qui font vivre les œuvres en les appréciant. Ceux des sociétaires de la SACEM qui partagent encore les valeurs d’une culture partagée et d’une création ouverte feraient bien de se réveiller.


SACEM, the French collective rigths management society for authors, composers and publishers of music has just outlined its recommendations to the Zelnik committee (a 3-persons committee in charge of making recommendations to the French government on the funding of creative industries). We now know more about the creative compensation that SACEM wants the government to put in place: a tax on ISPs whose final cost for the consumer is estimated to represent one euro per month, judged by Bernard Miyet, President and CEO of SACEM to be « modest and almost painless ». The same estimates the product of the tax to range from 250 to 500 millions for the music value chain. One thing must be praised: at last it is recognized that taxes on ISPs will be passed on consumers (50% to 100% it seems).

This proposal and its name are shameless. Of course, it is not planned to recognize any right to the public. When independent studies stack one after the other demonstrating that file sharing is for nothing in the losses of sales of the musical industry, which compensation are we talking about? The worse thing is that such proposals risk in the end to dissuade those who are at the same time citizens, internet users and consumers from contributing to the funding of creation. Mr. Miyet proposes a despoilment of the public, people who are often amateur practitioners, who speak up on public matters and give value to works by their appreciation. Those SACEM members who still share the values of a shared culture and an open creativity should better wake up.

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