Mensonge primaire et œillères estivales

Ca y est, Jack Lang a ressorti le coup de l’antisarkozysme primaire. Malheureusement il assortit l’affirmation d’un mensonge caractérisé qu’on aimerait pouvoir par courtoisie qualifier d’aveuglement. Le passage concerné mérite d’être cité in extenso :

La pensée, c’est une autre morale, d’autres comportements, une autre éthique politique que celle d’aujourd’hui. La générosité, l’enthousiasme et la rigueur intellectuelle ne sont pas au rendez-vous. Comment comprendre que, par antisarkozysme primaire, on tourne le dos à des valeurs qui sont les nôtres ? Prenez la loi dite Hadopi qui vise à sanctionner le téléchargement illégal. Le PS tourne le dos à deux principes que nous avons toujours défendus : la régulation économique, notamment dans le domaine de la culture, et la protection du droit des artistes. D’une façon générale, on est frappé par le silence des socialistes depuis des années sur l’éducation, la culture, la jeunesse. Comment voulez-vous changer le monde, la société et trouver appui sur les forces les plus vivantes si vous ignorez tout ce qui bouge, avance, se transforme ?

Plus c’est gros et plus ça marche ? Où trouve-t-on le moindre soupçon de régulation économique dans une quelconque des versions des lois HADOPI ? Qui porte aujourd’hui des projets authentiquement régulateurs si ce n’est la plateforme Création-Public-Internet et d’autres acteurs aux valeurs similaires (les acteurs de la culture partagée et de l’art libre, ceux du commerce équitable des créations). Où est la protection des droits des artistes dans la loi HADOPI 2 qui les transforme en auxiliaires involontaires des atteintes aux droits fondamentaux ?

On laisserait tout cela aux discussions internes du PS si cela ne s’exprimait sur un fond préoccupant. Les émissions de débat sont en vacances. Ceux des médias qui sont aux ordres se font fait serrer les boulons. Les plus superficiels ont choisi l’angle événement sportif de l’été : ca va-t-y passer cette semaine ? Les médias du Web font leur travail dans leur monde, hélas encore séparé du reste. Bref pour l’instant, on en parle sans débat, sans le minimum du travail journalistique qui consiste à poser poliment une question soulignant un énoncé mensonger. La presse économique nous révèle quelques informations éclairantes, mais ses éditoriaux ressassent la rengaine de l’internet zone de non-droit en osant le parallèle avec la finance, qui nous avait-il semblé, est plutôt le royaume de l’évasion des revenus des hériters de droits « d’auteur » et des multinationales éditoriales dans divers paradis fiscaux.

Chers amis journalistes, il est encore temps de vous ressaisir et de refaire débat. Il suffit d’une heure et d’un bon animateur de débat contradictoire pour que la vérité d’une HADOPI et la qualité des alternatives s’épanouissent sous les yeux de tous.

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