Nous vous regardons

« Facultatif » sous pression ou obligatoire, payé par l’Etat ou à charge des demandeurs, restreint aux femmes ou appliqué aux hommes, soumis à décision de justice ou appliqué par des services, l’amendement rendant possible les tests ADN pour vérifier la filiation biologique lors de demandes de regroupement familial reste ce qu’il est. Il traite ceux qui ne demandent que l’application d’un droit fondamental en bafouant un autre droit fondamental et leur applique des dispositions dont quoi qu’on en dise, on n’accepterait jamais (pour l’instant ?) qu’elles s’appliquent aux européens. Les sénateurs ont ce soir une occasion de prouver qu’ils servent à quelque chose. Ils ne peuvent se défausser de leurs responsabilités sur le Conseil constitutionnel. En effet, des décisions récentes font craindre que le Conseil constitutionnel ne juge ici que la conformité à la lettre de la constitution et non à son esprit, ouvrant ainsi la porte à tous les contournements. Ces contournements deviennent même explicites, et quand un texte est rejeté à juste titre par le Conseil constitutionnel, nos nouveaux ingénieurs de barbarie civilisée se contentent de dire « il va falloir formuler ça autrement ». Dans le cas présent, Monsieur Hortefeux a anticipé en reformulant dès à présent. Je ne préjuge pas de si le Conseil constitutionnel acceptera cette manipulation, mais mieux vaut n’en pas courir le risque. S’il vous plait, mesdames et messieurs les sénateurs, soyez à la hauteur de votre responsabilité. Nous vous regardons.

2 commentaires

  • Frank a écrit :

    Je n’ai pas suivi de très près ce débat français mais, autant que je m’en souvienne, la filiation, dans nos traditions juridiques européennes, est une affaire réglé par la loi et non pas par la biologie. La loi se sert certes de la biologie, ainsi que d’autres sciences et disciplines, pour trancher ces questions, mais l’ADN ne peut pas s’ériger en arbitre sans qu’en même temps nous portons un coup sérieux à notre culture. Qu’on utilise l’ADN pour arriver au dénouement d’un crime, soit; mais insérer le biologique au cœur de la filiation « des étrangers », me semble une dérive dangereuse. Je vois mal comment cette adénisation du régime de la filiation ne nous sera pas appliquée à nous, aux non-étrangers. Qu’est-ce qui pourrait l’empêcher?

  • Les sénateurs ont adopté l’amendement dans sa nouvelle forme. Le conseil constitutionnel sera sûrement sensible à l’émotion que provoque cette adoption. La meilleure manière de la manifester est de signer la pétition lancée par Charlie Hebdo :
    http://www.touchepasamonadn.com/

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