décembre 2007


Le 25 octobre dernier, le Ministère de l’éducation nationale organisait un séminaire sur l’économie du numérique dans l’enseignement. Ils avaient invité deux intervenants à fournir des introductions juxtaposées aux travaux du séminaire. Le texte de mon intervention est ici. Voir aussi la présentation qui l’accompagnait et la source OpenDocument du texte. L’autre introduction était fournie par Olivier Bomsel. La Syndicat National de l’édition a publié un compte-rendu du séminaire (ils ont du manquer mon intervention et celle de Florence Devouard pour Wikimedia … entre autres).

Lorsque dans un récent chat sur le site du monde.fr (accès payant après une certaine période), Denis Olivennes, PDG de la FNAC et récemment chargé d’une mission d’aggravation du désastre de la gestion des droits intellectuels en France, déclarait :

Aujourd’hui, il n’y a aucun consensus sur la licence globale. Les artistes y sont défavorables, les sociétés d’auteurs y sont défavorables, les producteurs de musique y sont défavorables, les fournisseurs d’accès Internet y sont défavorables, tout simplement parce que c’est extraordinairement compliqué à mettre en œuvre, et probablement source d’extrême injustice entre les artistes.

il fallait évidemment entendre :

Une licence globale pour la musique est une solution crédible et approuvée par un nombre croissant d’acteurs dans un nombre croissant de pays pour solvabiliser la très forte demande sociale pour des enregistrements musicaux divers et librement utilisables hors de la sphère commerciale. Elle constitue un danger pour ceux qui veulent faire commerce de l’organisation forcée de la rareté et de la limitation des capacités des usagers. En effet, elle peut être mise en oeuvre assez aisément, a des coûts de transaction très réduits et maintient le lien entre la rémunération des artistes et l’intérêt que les auditeurs portent à leurs oeuvres. Qui plus est, la redistribution des sommes collectées pourrait donner lieu à un débat d’ensemble sur la justice de la rémunération des artistes qui nuirait puissamment aux intérêts des quelques artistes que nous parvenons à enrôler dans notre lobbying. Comme dès qu’on en parle sérieusement, ses qualités convainquent, la meilleure solution est de n’en point parler du tout.

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