novembre 2007


Olivier Bomsel n’aime pas débattre (il le dit lui-même). Il préfère développer ses idées et que d’autres développent les leurs. Pourquoi pas. Par ailleurs, asséner des affirmations de façon brutale est une posture à la mode. Cependant, la tribune qu’il vient de publier dans Libération choque. Expert membre de la Commission Olivennes, Olivier Bomsel pourfend dans cette tribune les animateurs de l’UFC-Que Choisir qu’il accuse d’être une secte de charlatans et d’instrumentaliser les consommateurs. Sa colère s’exerce contre le communiqué de presse du 22 novembre 2007 dans lequel l’UFC Que Choisir dénonçait l’orientation des conclusions de la mission Olivennes. Si l’on en croit le Trésor de la Langue Française, un charlatan est une personne habile qui trompe sur ses qualités réelles et exploite la crédulité d’autrui pour s’enrichir ou s’imposer. Le lecteur se fera sa propre idée de si les affirmations de l’UFC justifiaient une telle qualification. Par exemple, il pourra se demander si les promoteurs de la licence globale méritent vraiment d’être décrits comme s’opposant “au fait de payer pour ce qui était jusqu’alors gratuit, parce que volé”.
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Thomas Piketty a publié dans Libération du lundi 19 novembre 2007 une tribune dans laquelle il propose une refonte d’ensemble du système de retraites par répartition en France. Cette proposition est une occasion exceptionnelle de créer un débat de fond et de redonner l’initiative aux constructeurs du social. J’essaye ci-dessous d’apporter une contribution à cette perspective en envisageant divers arguments qui pourraient être opposés à l’approche proposée par Thomas Piketty. Mes conclusions sont que cette proposition est robuste, ce qui ne signifie pas qu’elle puisse être mise en oeuvre par une décision unique et brutale, comme le souligne l’auteur lui-même.

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Comme je le craignais, le Conseil constitutionnel vient de rendre une décision qui valide l’amendement Mariani (révisé par le Sénat) instituant la possibilité de tests ADN pour faire la preuve d’une filiation biologique lors d’une demande de regroupement familial. Phrase modifiée le 21 novembre, après avoir constaté que la majorité des commentateurs ne partageaient pas mon analyse, et avoir estimé que cela réclamait au moins de l’exprimer de façon plus explicite : Le conseil constitutionnel a appliqué un raisonnement complexe (et que beaucoup de commentateurs n’ont lu que superficiellement) qui aboutit à rendre l’amendement encore plus difficile d’application, si l’on estime que l’application suivra bien le raisonnement juridique. Le conseil a par contre choisi de laisser intact le précédent de pouvoir proposer des tests ADN comme preuve de filiation biologique pour bénéficier d’un acte administratif. J’estime qu’il s’agit là d’une décision très grave et je voudrais à nouveau souligner, qu’avec un dernier recours qui n’en est plus un, notre responsabilité politique, celle de chacun d’entre nous, est en première ligne.

Désolé, il n’y a pas de version française de ce texte pour l’instant. Vous pouvez lire la version anglaise.

Un des Dialogues Sciences-Planète organisés par Sciences Citoyennes a porté sur le sujet L’homme sécurisé ? Humains ? Surhumains ? Transhumains ?. L’un des intervenants, Gérard Dubey, analyse les techniques biométriques. Il s’interroge sur leur relative acceptation sociale (jusqu’à présent), et propose cette explication : le désir de surveillance et de sécurisation des Etats et organisations rencontrerait chez les individus un doute sur leur identité qui les ferait percevoir la “certitude” biométrique comme sécurisante. Il explique l’émergence du doute sur l’identité par la généralisation des échanges à distance et l’informatisation de la société. L’invocation d’un rôle de l’informatisation me parait éclairante et pourrait d’ailleurs contribuer à la compréhension d’autres repliements sur des certitudes identitaires comme la régression vers des origines mythiques ou les dogmatismes religieux. Mais le rôle de l’informatisation est plus complexe que cela. Elle n’est porteuse de doute sur l’identité que lorsque les individus sont dans l’incapacité d’en contrôler l’usage, lorsqu’ils sont emportés dans une logique de flux, dépossédés des ressources de la création et de l’action, qu’ils ne parviennent pas à combiner médiations et relations face à face, activités informationnelles et activités physiques. Bref lorsqu’ils sont instrumentalisés par l’univers informationnel et non des producteurs de celui-ci. Dans la posture inverse, l’usage des techniques informationnelles est au contraire porteur d’identités, dont la complexité n’est en rien angoissante. Bref, pour que naisse un mouvement politique qui rejette la biométrie applicable en masse, il “suffirait” que des individus plus nombreux deviennent acteurs de l’informatisation et développent un art de vivre avec celle-ci.

PS. Il y a également des réflexions très intéressantes sur l’impact à venir des techniques génétiques dans l’exposé de Jacques Testard dans la même conférence.